La période périnatale, qui s’étend de la grossesse à la première année de vie de l’enfant, constitue une étape de bouleversements somatiques, psychiques et relationnels. La médecine périnatale assure la sécurité biologique de la mère et de l’enfant, grâce aux avancées obstétricales, pédiatriques et aux techniques de procréation médicalement assistée.
Toutefois, au-delà de ces garanties somatiques, la grossesse et la naissance convoquent des remaniements psychiques profonds qui réactivent les conflits inconscients, les identifications et les transmissions transgénérationnelles.
L’intégration de la psychanalyse dans ce champ permet de comprendre et de traiter les affects, fantasmes et angoisses qui ne trouvent pas toujours leur place dans le cadre médical.
Cadre théorique
La psychanalyse considère la parentalité comme un processus de remaniement narcissique et identificatoire. La grossesse réactive les traces mnésiques des expériences précoces de dépendance et de soin, mais aussi les conflits non résolus liés à la filiation et à la transmission.
De son côté, le suivi médical se centre sur le réel lacanien, la prévention et la prise en charge des risques somatiques (hypertension, diabète gestationnel, complications obstétricales, pathologies néonatales). L’objectivité médicale ne suffit pas toujours à contenir les angoisses parentales : il existe un hiatus entre la « vérité biologique » et la « réalité psychique ».
Aspects médicaux de la période périnatale
Listons les. Pendant la grossesse : consultations prénatales, échographies, dépistages et accompagnement des grossesses pathologiques. Accouchement : interventions médicales (déclenchements, césariennes, réanimations néonatales) qui, bien qu’assurant la sécurité, peuvent être vécues comme traumatiques. Période postnatale : suivi du nourrisson, soutien à l’allaitement, prévention de la dépression du post-partum.
Ces prises en charge, indispensables, s’inscrivent dans une dynamique affective où chaque geste médical peut réveiller des représentations inconscientes.
Apports psychanalytiques
La psychanalyse en périnatalité permet :
La mise en mots des angoisses liées à la grossesse, à l’accouchement et à la parentalité. L’élaboration de l’ambivalence inhérente au fait de devenir parent (désir et rejet, excitation et peur, amour et agressivité). Le travail consiste à repérer comment l’infantile du parent se rejoue dans la relation au bébé. Et comment la fonction contenante parentale va se déployer afin que puisse se produire l accueil de l’infant et ses états émotionnels.
Quelques illustrations
Fécondation in vitro et ambivalence maternelle : Mme A., 34 ans, enceinte après plusieurs tentatives de FIV, décrit un sentiment d’instrumentalisation de son corps. Si la médecine a rendu possible cette grossesse, elle exprime aussi une culpabilité inconsciente d’avoir « forcé la nature ». L’écoute analytique permet de relier ce vécu à des expériences précoces de soumission.
Angoisses fœtales malgré des examens rassurants : Mme B., 29 ans, multiplie les demandes d’échographies, convaincue que son enfant est « abîmé ». Les médecins confirment la normalité du développement, mais l’angoisse persiste. L’analyse révèle une résonance avec une mère dépressive et avec lz signifiant « fragile ».
Allaitement et sentiment d’incompétence : Mme C., après un accouchement par césarienne, exprime une impossibilité à allaiter et un sentiment de « ne pas être une vraie mère ». Le suivi pédiatrique assure la nutrition du bébé, mais le travail analytique met en lumière une identification ancienne à une figure maternelle jugée défaillante.
Ces exemples prouvent que l’articulation entre médecine et psychanalyse est essentielle. Là où le suivi médical garantit la santé somatique, la psychanalyse permet d’accompagner l’élaboration psychique des bouleversements périnataux. En travaillant le fantasme inconscient et les identifications, les séances contribuent non seulement au bien-être psychologique des parents mais aussi à la qualité de l’attachement et du développement affectif du nourrisson.
Conclusion
La période périnatale, pleine d’un bonheur quasi absolu et d’un tsunami psychique, illustre avec force la nécessité d’une approche intégrative. L’accompagnement psychanalytique ne doivent pas être pensés en opposition mais en complémentarité. Il est nécessaire, souvent indispensable,
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